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Chronique de Bagnard : Gaspard de Besse

Dernière mise à jour : 29 oct. 2025

Le Robin des bois provençal

Au 18° siècle, la route reliant Marseille à Toulon constitue un passage privilégié pour les voleurs. On y croise collecteurs d’impôts et négociants en affaires, qui transportent des marchandises et richesses débarquées récemment dans le port de Marseille. Avec son relief escarpé et sauvage, ce trajet se prête particulièrement bien aux embuscades, dont les brigands connaissent chaque recoin.




C’est dans ce contexte qu’apparaît Gaspard Bouis, né en février 1757 à Besse, un petit village du Var, dans une famille de modestes paysans propriétaires de leurs terres. A 17 ans, il quitte son village pour rejoindre Toulon. La légende prétend que c’est l’indignation qu’il ressentit devant le malheur d’une femme de la Valette, mère de quatre enfants, dont le mari avait été envoyé au bagne pour avoir trafiqué quelques kilos de sel, qui le poussa à se révolter. Gaspard aurait organisé l'évasion de cet homme ainsi que celle d'un de ses compagnons, qui deviendront tous deux ses lieutenants. Très vite, il s’entoure de quelques malfrats, pour la plupart d’anciens forçats, et ensemble ils détroussent les voyageurs de passage. Arrêté une première fois puis enfermé à Draguignan, Gaspard parvient à s’évader.


À la tête d’une bande d’une cinquantaine d’hommes, organisée et d’une grande mobilité, il multiplie les coups de main dans les zones les plus favorables : les gorges d’Ollioules, le massif de l’Estérel ou encore les bois de Cuges. Sa réputation grandit au point de parvenir jusqu’à Paris, où l’on compare sa troupe à « une nouvelle bande de Mandrin ». Le ministre des Finances enjoint alors l’intendant de Provence de mettre un terme à ses activités. En provence, son habileté à dépouiller les voyageurs fortunés et ses dons aux pauvres le rendent sympathique aux populations locales, ce qui lui vaut le srunom de " Robin des bois provençal".


Finalement, le 23 octobre 1780, Gaspard est capturé à La Valette. Jugé pour port d’armes et vols à main armée, mais jamais pour meurtre, il est condamné au supplice de la roue. L’exécution a lieu à Aix, le 25 octobre 1781, en même temps que deux de ses compagnons les plus proches.

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